Lésion du ligament croisé antérieur croisé

La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) est une blessure fréquente du genou, notamment chez les sportifs pratiquant des activités avec pivot et changements brusques de direction. Elle entraîne une instabilité articulaire pouvant altérer durablement la fonction du genou. Grâce aux techniques modernes de ligamentoplastie, il est aujourd’hui possible de restaurer efficacement la stabilité et de permettre une reprise progressive des activités.

En résumé

01

Hospitalisation

Ambulatoire

02

Anesthésie

Rachi-anesthésie ou générale

03

Douleurs

Bien contrôlées par un protocole antalgique adapté

04

Durée des soins postopératoires

Attelle 2 à 3 semaines, rééducation 4 à 6 mois

05

Arrêt de travail

1 à 4 mois selon activité

06

Absence de sport

6 mois minimum avant reprise progressive.

01

Hospitalisation

Ambulatoire

02

Anesthésie

Rachi-anesthésie ou générale

03

Douleurs

Bien contrôlées par un protocole antalgique adapté

04

Durée des soins postopératoires

Attelle 2 à 3 semaines, rééducation 4 à 6 mois

05

Arrêt de travail

1 à 4 mois selon activité

06

Absence de sport

6 mois minimum avant reprise progressive.

Lésion du ligament croisé antérieur

Définition et causes

La stabilité du genou est assurée par des ligaments qui sont des sortes de rubans plus ou moins élastiques. Le ligament croisé antérieur, situé à l’intérieur de l’articulation, relie la partie antérieure du tibia à la partie postérieure du fémur. Il empêche le tibia de partir en avant et stabilise le genou lors des mouvements en rotation.

Il peut être rompu à la suite d’un traumatisme, occasionnant une instabilité du genou. Il ne cicatrise pas spontanément dans une position efficace. Les répercussions sur la stabilité du genou sont variables selon les personnes et elle est d’autant plus ressentie lors de la pratique sportive ou lors des mouvements en rotation.

Lésion du LCA: symptômes

La rupture s’accompagne souvent d’un craquement initial, suivi d’une douleur aiguë et d’un gonflement rapide du genou lié à un épanchement sanguin.

Après la phase aiguë, la douleur diminue, mais une sensation d’instabilité apparaît. Le patient décrit des épisodes de « lâchage » du genou, notamment lors des pivots ou en terrain irrégulier.

Cette instabilité expose à des lésions secondaires, en particulier méniscales et cartilagineuses, susceptibles d’accélérer l’usure de l’articulation.

Il existe également des ruptures du LCA suite à une hyperextension du genou.

Diagnostic du LCA

Le diagnostic repose sur l’examen clinique. Des tests spécifiques, comme le test de Lachman ou le pivot shift, permettent de mettre en évidence l’instabilité.

L’IRM est l’examen de référence. Elle confirme la rupture du ligament et permet d’évaluer les lésions associées des ménisques ou du cartilage.

La radiographie peut être réalisée pour éliminer une fracture associée.

Réparation du ligament croisé antérieur par ligamentoplastie

Le but de la ligamentoplastie du croisé antérieur est de stabiliser le genou permettant la reprise de toutes les activités sportives, et d’éviter les lésions cartilagineuses ou méniscales limitant ainsi la dégradation de l’articulation à long terme.

Déroulement de la ligamentoplastie

​L’intervention consiste à remplacer le ligament rompu. Ce geste est réalisé sous arthroscopie, c’est-à-dire sans ouvrir l’articulation. Une petite caméra est introduite dans l’articulation pour visualiser la rupture du ligament et vérifier les ménisques et le cartilage. Des petits instruments sont utilisés par la suite pour réaliser une logette au fémur et un autre au tibia.

Une incision courte est réalisée en bas du genou pour prélever un tendon de la cuisse. Il existe plusieurs types de prélèvements, le chirurgien réalisera le prélèvement le mieux adapté à votre cas.

Le prélèvement est alors passé à l’intérieur du genou et fixé dans les logettes osseuses par un système de boutons ou des vis et des agrafes. Il remplace ainsi le ligament rompu.

Les lésions méniscales et cartilagineuses seront traitées dans le même temps opératoire et cela selon leur nature.

L’intervention peut être réalisée sous rachi-anesthésie ou bien sous anesthésie générale. C’est votre anesthésiste qui décide avec vous de la meilleure anesthésie en fonction de votre état de santé. Elle dure en moyenne une demi-heure et se fait lors d’une journée d’hospitalisation en ambulatoire. Après l’opération, un pansement stérile ainsi qu’une attelle sont mis en place.

Suites opératoires

Un traitement de la douleur sera mis en place, surveillé et adapté de manière très rapprochée dans la période post-opératoire.

Vous pouvez commencer à marcher dès votre sortie, le soir. La marche s’effectue avec l’attelle entre deux cannes. A la sortie de la clinique, la rééducation peut être réalisée en centre ou chez un kinésithérapeute.

L’attelle est déverrouillée pour permettre la flexion du genou. Elle est gardée pour une durée de 2 à 3 semaines uniquement lors des déplacements, elle sera enlevée dans les phases de repos pour réaliser des exercices doux. À partir de la deuxième semaine, les cannes sont abandonnées.

La reprise du volant est envisageable 15 à 20 jours après la chirurgie. Celle du travail survient en général entre le 1er et le 4ème mois et cela en fonction de votre profession, une activité de bureau pouvant être plus précoce.

La reprise des sports dans l’axe (natation, vélo, course à pied) se fait au troisième mois. La reprise de tous les sports à l’entraînement est envisageable à partir du. Il faut souvent attendre encore 1 à 2 mois pour retrouver tous les automatismes et renouer avec la compétition, un bilan isocinétique est réalisé afin de vérifier la récupération musculaire et pour adapter la phase de réathlétisation.

Complications et risques possibles

Les plus fréquentes

Comme toute chirurgie, il existe un risque d’hématome qui se résorbe en règle tout seul, il peut rarement nécessiter une ponction évacuatrice ou un drainage chirurgical. 

La phlébite : elle peut survenir en dépit du traitement anticoagulant. Il s’agit d’un caillot qui se forme dans les veines des jambes, celui-ci peut migrer et entraîner une embolie pulmonaire. Un traitement anticoagulant est prescrit en prévention.

Plus rarement

  • La raideur du genou : la cicatrisation des tissus dans le genou peut créer des adhérences qui vont limiter la flexion.
  • L’algodystrophie : phénomène douloureux et inflammatoire encore mal compris, elle est traitée médicalement et peut durer plusieurs mois (voire parfois années), entrainant une prise en charge spécifique avec rééducation adaptée, bilans complémentaires et parfois prise en charge spécifique de la douleur. Elle est imprévisible dans sa survenue comme dans son évolution et ses séquelles potentielles.
  • L’infection profonde : complication très rare. Elle peut nécessiter une nouvelle intervention et la prescription d’un traitement antibiotique prolongé. 
  • Les troubles de la cicatrisation locale : le tabac augmentant de manière significative le taux d’infection et les difficultés de cicatrisation, il est formellement demandé d’arrêter le tabac au moins un mois avant l’intervention et ensuite pendant trois mois.

Exceptionnellement

La lésion du nerf sciatique poplité interne ou externe (ou nerf fibulaire commun) est une complication très rare. Elle peut survenir après un hématome, un traumatisme chirurgical ou après une réaction à l’anesthésie locorégionale. Elle peut récupérer après plusieurs mois dans certains cas.

L’atteinte des vaisseaux de la jambe est aussi très rare; elle peut nécessiter un geste complémentaire ou une réintervention urgente pour rétablir l’irrigation de la jambe. Le syndrome des loges est une augmentation de la pression dans la jambe le plus souvent par un hématome qui bloque la microcirculation sanguine et nécessite une décompression urgente.

Une nouvelle rupture est rare mais possible au cours d’un nouveau choc, ou à la longue par distension. De même, le matériel de fixation du tendon peut se mobiliser et nécessiter une intervention d’ablation. Il est important de respecter les délais donnés par votre chirurgien pour la reprise des activités sportives.

Quels résultats attendre ?

La disparition des douleurs, des blocages et des sensations d’instabilité est très rapide après l’opération. La récupération complète de la mobilité et de la force musculaire survient en général entre 3 et 6 mois.

L’état des muscles est un élément majeur à considérer avant de pousser le genou à sa limite, en particulier dans le sport. Le ligament remplacé n’est pas meilleur que le ligament d’origine et une nouvelle rupture peut toujours survenir.

Les patients sont habituellement très satisfaits du résultat, mais la prudence reste recommandée (surtout dans les sports pivot-contact). Tout comme le ligament d’origine, le nouveau ligament peut s’abîmer avec le vieillissement de l’articulation ou en cas d’accident.

FAQ

Le ligament croisé antérieur est un ligament essentiel situé au centre du genou. Il joue un rôle clé dans la stabilité de l’articulation, notamment lors des mouvements de pivot, de rotation ou de changement de direction. Dans notre pratique, sa rupture est fréquente chez les patients sportifs, mais peut aussi survenir lors d’un traumatisme du quotidien.

La rupture survient généralement lors d’un mouvement de torsion du genou, souvent sans contact direct, par exemple lors d’un changement d’appui ou d’une réception de saut. Elle est fréquente dans les sports comme le football, le ski ou le handball. Nous observons également des ruptures lors de chutes ou d’accidents.

Les patients décrivent souvent un craquement au moment du traumatisme, suivi d’une douleur immédiate et d’un gonflement rapide du genou (épanchement). À distance, le principal symptôme est une instabilité, avec la sensation que le genou “lâche” lors de certains mouvements.

Non, la chirurgie n’est pas systématique. Nous adaptons la prise en charge en fonction de votre âge, niveau d’activité et gêne fonctionnelle. Chez les patients sportifs ou présentant une instabilité importante, nous proposons le plus souvent une reconstruction ligamentaire.

L’intervention consiste à remplacer le ligament rompu par un greffon (tendon prélevé sur le patient). Elle est réalisée sous arthroscopie, ce qui permet une chirurgie mini-invasive avec des suites généralement plus simples.

La récupération est progressive et nécessite une rééducation rigoureuse pendant plusieurs mois. La reprise du sport est possible, en général entre 6 et 9 mois, en fonction de l’évolution et du type d’activité.

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