Maladie de Kienbock

La maladie de Kienböck est une affection rare du poignet correspondant à une nécrose aseptique du lunatum, petit os central essentiel à la mécanique du carpe. Son évolution est progressive et peut conduire, en l’absence de traitement adapté, à une désorganisation arthrosique du poignet. Grâce aux avancées en imagerie et en chirurgie, une prise en charge précoce permet aujourd’hui de ralentir l’évolution et, dans certains cas, d’obtenir une véritable guérison osseuse.

En résumé

01

Hospitalisation

Ambulatoire ou 1 à 2 nuits selon la chirurgie

02

Anesthésie

Loco-régionale ou générale

03

Douleurs

Variables, contrôlées par antalgiques adaptés

04

Durée des soins postopératoires

Immobilisation 6 à 8 semaines, récupération sur plusieurs mois

05

Arrêt de travail

1 à 3 mois selon activité

06

Absence de sport

3 à 6 mois minimum

01

Hospitalisation

Ambulatoire ou 1 à 2 nuits selon la chirurgie

02

Anesthésie

Loco-régionale ou générale

03

Douleurs

Variables, contrôlées par antalgiques adaptés

04

Durée des soins postopératoires

Immobilisation 6 à 8 semaines, récupération sur plusieurs mois

05

Arrêt de travail

1 à 3 mois selon activité

06

Absence de sport

3 à 6 mois minimum

Maladie de Kienbock

Définition et causes

La maladie de Kienböck correspond à une nécrose aseptique du lunatum, c’est-à-dire à la mort cellulaire de tout ou partie de cet os du carpe sans cause infectieuse. Le lunatum joue un rôle central dans la transmission des forces entre l’avant-bras et la main. Sa défaillance perturbe l’ensemble de la biomécanique du poignet.

L’origine exacte de la maladie reste encore discutée. Les travaux scientifiques suggèrent un mécanisme de congestion veineuse intra-osseuse entraînant une augmentation de la pression à l’intérieur du lunatum. Cette hyperpression compromettrait la vascularisation et conduirait progressivement à la nécrose.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser cette pathologie : une variation anatomique de longueur entre le radius et l’ulna, des microtraumatismes répétés ou certaines contraintes mécaniques particulières. Elle touche principalement l’adulte jeune actif.

Maladie de Kienböck : symptômes

La douleur est le symptôme principal. Elle siège au centre du poignet et s’aggrave lors des mouvements ou du port de charges. Cette douleur peut s’installer progressivement et devenir chronique.

Une diminution de la force de préhension est fréquente. Le patient peut également ressentir une raideur et une perte d’amplitude articulaire. Dans les stades avancés, des craquements ou une instabilité peuvent apparaître.

L’évolution naturelle, si elle n’est pas prise en charge, conduit à une fragmentation du lunatum puis à une arthrose secondaire du poignet, source de douleurs importantes et d’invalidité.

Diagnostic de la maladie de Kienbock

Le diagnostic repose sur l’association de l’examen clinique et de l’imagerie.

  • La radiographie peut montrer un aspect irrégulier ou fragmenté du lunatum aux stades avancés. Toutefois, aux stades précoces, elle peut être normale.
  • L’IRM est l’examen clé pour détecter précocement la souffrance osseuse. Elle met en évidence les anomalies de signal traduisant la nécrose.
  • Le scanner permet d’analyser finement l’architecture osseuse et d’évaluer une éventuelle fragmentation.
  • L’arthroscopie du poignet peut compléter le bilan, notamment pour apprécier l’état du cartilage et guider la stratégie thérapeutique.

Traitements non invasifs

Chez l’adolescent ou le patient âgé peu actif, une immobilisation prolongée associée au repos des activités peut parfois suffire à stabiliser la situation.

Toutefois, chez l’adulte actif, ces mesures sont souvent insuffisantes. La maladie a tendance à évoluer vers la fragmentation du lunatum et la désorganisation articulaire.

Le traitement conservateur reste donc limité dans le temps et nécessite une surveillance régulière par imagerie.

Quand se faire opérer?

L’indication chirurgicale dépend du stade évolutif de la maladie.

Lorsque le lunatum est encore structurellement conservable, une intervention de décompression est recommandée afin de réduire les contraintes mécaniques et favoriser la recolonisation cellulaire.

Il est important d’intervenir avant la fragmentation complète de l’os et l’apparition d’une arthrose irréversible du poignet.

Attendre la destruction articulaire rend les traitements plus lourds et les résultats moins satisfaisants.

Traitements chirurgicaux

Chirurgies de décompression

Lorsque le lunatum est encore viable, le principe consiste à diminuer les contraintes qui s’exercent sur lui.

Cela repose généralement sur une ostéotomie du radius ou des os voisins afin de modifier la répartition des charges au niveau du poignet.

Parmi les techniques modernes figure l’ostéotomie dite « camembert », qui modifie la géométrie osseuse afin de décharger le lunatum.

L’objectif est double : prévenir la fragmentation et permettre une recolonisation progressive de l’os par des cellules vivantes provenant des structures voisines. Ce processus biologique est lent et incertain, mais il peut aboutir à une véritable guérison osseuse.

Chirurgies palliatives

Lorsque le lunatum est détruit et non conservable, des interventions dites palliatives peuvent être proposées. Elles visent à diminuer la douleur et préserver partiellement la fonction du poignet.

Il peut s’agir de procédures limitant les mouvements douloureux ou, dans certains cas, d’arthrodèses partielles.

Ces interventions ne permettent pas de retrouver un poignet normal mais peuvent améliorer significativement la qualité de vie.

Imagerie (© Professeur Emmanuel Camus)

01

Maladie de Kienböck avant chirurgie.

Le cercle rouge indique le lunatum nécrosé, irrégulier.

02

Maladie de Kienböck après ostéotomie Camembert à 2 mois.

On distingue le matériel métallique (agrafe et vis) qui maintiennent la nouvelle forme des os voisins.

03

Maladie de Kienböck après ostéotomie Camembert à 8 mois.

Les irrégularités diminuent.

04

Maladie de Kienböck après ablation du matériel.

Le lunatum est guéri.

01
04

Suivi et récupération

Après une chirurgie de décompression, le poignet est immobilisé pendant plusieurs semaines afin de permettre la consolidation osseuse.

La récupération est progressive. Une rééducation adaptée est mise en place pour restaurer la mobilité et la force.

Le processus de réhabilitation osseuse est lent et peut nécessiter plusieurs mois de surveillance radiologique.

La reprise des activités manuelles ou sportives s’effectue progressivement, en fonction de la consolidation et de la disparition des douleurs.

Risques et complications possibles

Comme toute chirurgie, ces interventions comportent des risques, bien que rares.

Une non-consolidation de l’ostéotomie, une persistance des douleurs ou une évolution vers l’arthrose peuvent survenir.

Dans les formes avancées, malgré un traitement adapté, la récupération complète de la mobilité peut ne pas être obtenue.

Un suivi spécialisé régulier est donc indispensable.

Bibliographie :

  • La Maladie de Kienböck en 2021 – Camus EJ, Van Overstraeten L. Revue de Chirurgie Orthopédique et Taumatologique Nov 2021.
  • Lunate biomechanics : application to Kienböck’s disease and its treatment. Camus EJ, Van Overstraeten L, Schuind F. Hand Surg. Rehab. 2021;40:117-25.
  • Lunate loads following different osteotomies used to treat Kienböck’s disease: A 3D finite element analysis. Camus EJ, Aimar A, Van Overstraeten L, Schuind F, Innocenti .B. Clin Biomech 2020;78:105090. https://doi.org/10.1016/j.clinbiomech.2020.105090
  • Evaluation of Kienböck’s Disease Treated by Camembert Osteotomy at Seven Years. Camus EJ, Van Overstraeten L. J. Wrist Surg. 2019;8:226-33.
  • Surgical technique of a new radial wedge « camembert » osteotomy in Kienböck’s disease. E.J. Camus, L. Van Overstraeten. Tech Hand Upper Extr. Surg 16(2): 75-9.

FAQ

La maladie de Kienböck est une affection rare qui correspond à une nécrose du lunatum, un petit os situé au centre du poignet. Cette nécrose est liée à une mauvaise vascularisation, ce qui entraîne progressivement une fragilisation puis un affaissement de l’os.

L’origine est souvent multifactorielle. Elle peut être favorisée par une anatomie particulière du poignet, des microtraumatismes répétés ou un traumatisme initial. Dans certains cas, aucune cause précise n’est identifiée.

La maladie évolue en plusieurs stades, allant d’une atteinte initiale du lunatum à un effondrement de l’os, puis à une arthrose du poignet si elle n’est pas traitée.

Aux stades précoces, nous privilégions un traitement conservateur, avec repos, immobilisation et parfois des adaptations d’activité, afin de soulager la douleur et ralentir l’évolution.

Lorsque la maladie progresse ou que la douleur devient importante, nous proposons une prise en charge chirurgicale adaptée au stade de la maladie.

L’objectif est de soulager la douleur et préserver la fonction. Les résultats dépendent du stade au moment de la prise en charge, d’où l’importance d’un diagnostic précoce.

La maladie pouvant évoluer progressivement, un suivi régulier permet d’adapter le traitement et d’intervenir au bon moment pour limiter les complications.

Prêt à prendre
rendez-vous ?

Prendre rendez-vous

Prêt à prendre
rendez-vous ?

Prendre rendez-vous